Débat sur la COP26 – La conférence de Glasgow déçoit les ONG actives au Sud
17 novembre 2021

Débat sur la COP26 – La conférence de Glasgow déçoit les ONG actives au Sud

Par Jean delort


– La conférence de Glasgow déçoit les ONG actives au SudRéunies au Club suisse de la presse, elles constatent que les pays les plus touchés par le changement climatique devront encore attendre l’aide promise.Publié aujourd’hui à 14h55De gauche à droite, Ugo Panizza, Stephen Cornish, Rupa Mukerji et Janine Kuriger, lors du débat organisé par le Club suisse de la presse au Domaine de Penthes. À l’écran (en haut), Ashish Barua.@OrbisswissLes pays en développement sont-ils les grands perdants de la COP26 de Glasgow? C’est la question que posait le débat organisé ce mardi par le Club suisse de la presse au domaine de Penthes. Le résultat de la conférence mondiale sur le changement climatique est en effet jugé décevant, notamment les ONG qui travaillent sur le terrain.«Nous avions beaucoup d’attentes, car le changement climatique n’affecte plus seulement des pays pauvres ou des archipels comme les Maldives, mais aussi des pays développés comme l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, confie Rupa Mukerji, membre du comité de direction d’Helvetas. Mais il n’en ressort que des appels au dialogue, donc du bla-bla, comme l’a dit Greta Thunberg. Fixé en 2009, l’objectif de réunir 100 milliards de dollars pour aider les pays les plus affectés n’a pas été atteint et est reporté à 2023.»«Business as usual»Pour sa part Stephen Cornish, directeur général de Médecins sans frontières, regrette qu’à cause du Covid et des mesures de sécurité, les populations qui sont les premières victimes du changement climatique n’aient pas été aussi bien représentées que lors des précédentes COP. «Le réchauffement a déjà un impact sur leur santé. Mais les États ne prennent pas leurs responsabilités. À Paris, il avait été décidé qu’ils devaient revoir leurs engagements à la hausse, mais ce n’est pas le cas pour l’argent promis.» Basé au Bangladesh, un pays directement menacé par la montée du niveau des océans, Ashish Barua, d’Helvetas, souligne qu’il y a urgence: «Nous n’avons pas une minute à perdre, mais on dirait que pour les décideurs, c’est «business as usual», déplore-t-il.Janine Kuriger, de la Direction suisse du développement et de la Coopération (DDC), partage cette déception, tout en se disant consciente que seuls des petits pas peuvent être réalisés lors des COP, vu le grand nombre de parties prenantes. Elle souligne quand même des avancées: «Par exemple, il y a maintenant des règles claires sur le marché des émissions de carbone. De plus, la mise en place du réseau de Santiago se concrétise, ce qui ouvre la voie à une assistance technique aux pays les plus touchés par le changement climatique.»Dans la bonne directionDe son côté, Ugo Panizza, professeur d’économie internationale au Graduate Institute, constate qu’il y a «moins d’argent disponible que prévu pour limiter les conséquences du changement climatique, et qu’il arrivera plus tard que prévu». Mais pour lui, les décideurs politiques ne sont pas les seuls en cause: «En Suisse, le peuple a voté contre la loi CO₂», rappelle-t-il. Rupa Mukerji note cependant que si le processus avance lentement, cela va dans la bonne direction.Publié aujourd’hui à 14h55Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.
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