Reportage à la gare – Les gilets jaunes de Cornavin volent au secours des voyageurs perdus
14 novembre 2021

Reportage à la gare – Les gilets jaunes de Cornavin volent au secours des voyageurs perdus

Par Jean delort


– Les gilets jaunes de Cornavin volent au secours des voyageurs perdusLes CFF ont déployé leurs assistants clientèle, repérables à leur «i» magique dans le dos. Tous font un travail formidable. Éloge.OpinionThierry MertenatPublié: 12.11.2021, 08h30Genève, le 11 novembre 2021. Un tandem mixte d’assistants clientèle dans le hall central de la gare Cornavin.LAURENT GUIRAUDÀ situation exceptionnelle, personnel d’exception. Les deux le sont. Les CFF ont ainsi envoyé au front dès mardi soir 45 assistants clientèle dans les principales gares concernées par l’interruption de la ligne ferroviaire entre Genève et Lausanne. On les reconnaît à leurs gilets de travail, des chasubles couleur jaune canari visibles de loin. De près, on a tôt fait d’identifier la lettre magique, un «i» inscrit dans le dos, entre les deux omoplates, la signature graphique de ce guichet mobile d’information, humainement bien incarné.À Cornavin, depuis maintenant quatre jours, ils et elles sont une douzaine, déployés du matin au soir, de 6 h 30 à 23 h 30, aux différents endroits stratégiques de la gare. Des employés de la régie fédérale que l’on croise en temps normal dans les trains, sur les régionaux comme sur les grandes lignes, des contrôleurs d’aujourd’hui, polyvalents et multitâches, passant le plus clair de leur activité à guider et à orienter plutôt qu’à verbaliser.La lecture du panneau d’information égrène «les retards indéterminés» et mérite des explications complémentaires.LAURENT GUIRAUDCette semaine, privés de train à leur tour, ils ne font même que cela: de «l’escale voyageur», de l’info en continu, ventilée en direct, jusqu’à 10 sollicitations à la minute, quand, notamment, un groupe de touristes, à peine descendu du TGV, se retrouve le nez en l’air, le regard perdu dans le panneau des «annulations» et des «retards indéterminés».Le pendulaire sait que le reste de la Suisse romande se mérite en ce moment; l’étranger, lui, n’a jamais entendu parler d’Allaman, cette gare routière nouvellement créée, avec sa flotte de 35 bus, venus en soutien de l’effort collectif consenti pour contourner Tolochenaz et ses trous.«On se sent utile»«On se sent utile, en effet, glisse un assistant posté dans le hall central. Il y a les gens complètement paumés et ceux qui demandent confirmation. La plupart savent l’itinéraire, mais ils aiment bien être rassurés.» Les orienteurs professionnels se muent alors en travailleurs sociaux ou en médiateurs de rue. «C’est vrai que certaines personnes viennent à notre contact, simplement parce qu’elles ont besoin de parler», poursuit le collègue, debout depuis trois bonnes heures au pied de l’escalator.Casting hétérocliteChaque gare a ses voyageurs immobiles, ses «bizarres» et ses pickpockets. Mettons que Cornavin offre aux hommes et femmes en jaune le spectacle permanent de ce casting hétéroclite. «On doit veiller à ne pas nous laisser distraire par certaines situations. Notre mission est de renseigner, pas de dénoncer, il y a une police ferroviaire pour cela.» Et des policiers en civil discrètement présents, qui savent très bien que les voleurs à la tire affectionnent les régimes de perturbations prolongées. Publié: 12.11.2021, 08h30Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.

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