Lundi 15 novembre 2021, les étudiants ont servi un ultime repas à bas prix, après deux semaines d’occupation de la cafétéria d’Uni-Mail.
17 novembre 2021

La cafétéria de l’Uni libérée après 15 jours d’occupation

Par Jean delort

Publié

Le syndicat CUAE estime avoir été entendu sur ses revendications de repas à bas prix. Place au dialogue avec le rectorat, qui a donné des «garanties».

Lundi 15 novembre 2021, les étudiants ont servi un ultime repas à bas prix, après deux semaines d’occupation de la cafétéria d’Uni-Mail.

Lundi 15 novembre 2021, les étudiants ont servi un ultime repas à bas prix, après deux semaines d’occupation de la cafétéria d’Uni-Mail.

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La confiance avec le rectorat «est enfin rétablie» et les garanties «sont réunies» pour lever l’occupation de la cafétéria d’Uni-Mail, a déclaré lundi le syndicat étudiant CUAE. Face à la précarité des jeunes universitaires, renforcée par la crise du Covid qui a effacé de nombreux jobs étudiants, leurs représentants exigeaient des repas à 3 francs. Mais aussi l’autogestion occasionnelle de la cuisine, l’ouverture prolongée de la cafétéria pour y accueillir des réunions ou des personnes qui révisent leurs examens (ndlr: la place manque à Uni-Mail), et une subvention de la FARCE – une épicerie qui distribue des denrées gratuites aux étudiants les plus précarisés.

Après deux semaines d’occupation, durant lesquelles 600 repas quotidiens à bas prix ou à prix libres ont été distribués, la CUAE a organisé lundi un ultime service, avant de plier bagage.

Repas: quel tarif, au final?

«Notre démarche visait à faire pression. Nous avons démontré qu’un autre modèle était possible. Les retours sont très positifs, mais on ne pouvait pas vraiment espérer obtenir davantage», a analysé Jules Strassen, membre du comité du syndicat. Place au dialogue donc: des discussions vont débuter avec l’alma mater sur les revendications estudiantines. Certaines mesures devraient entrer en vigueur d’ici le début de l’année prochaine, déjà. Comme le repas à 3 francs? «On ne connait pas encore le tarif, mais l’Uni s’est engagée sur des prix abordables, au plus vite», a souligné Iniaki San José, l’un des occupants de la cafétéria.

Le rectorat parle, lui, de repas à 5 francs. «Deux francs de moins, ce n’est malheureusement pas envisageable sans subventions permanentes, ce qui est impossible, a relevé Marco Cattaneo, porte-parole, de l’Université de Genève (Unige). Par contre, dès l’été prochain, le tarif à une thune sera pérenne. Les plats répondront aux normes du développement durable et ils seront progressivement disponibles dans tous les restaurants universitaires.» D’ici là, pour d’ores et déjà fournir des menus à ce tarif, l’alma mater espère un soutien des pouvoirs publics. Enfin, elle a confirmé qu’elle aiderait l’épicerie la FARCE, sous une forme encore à définir avec cette dernière.

De leur côté, les étudiants entendent bien rester sur le qui-vive: «Nous avons fait un pas vers le rectorat, mais nous sommes aussi prêts à nous remobiliser, s’il le faut.»

Le coût des deux semaines d’occupation estudiantine de la cafétéria doit encore être précisé. «Mais on est autour de 100’000 francs de pertes», a estimé Christian Volmerange, directeur général de Novae. L’entreprise qui gère le restaurant universitaire d’Uni-Mail va prochainement discuter avec le rectorat pour toucher des compensations. Le patron de la société est serein: «Le dialogue est bon avec l’Unige, qui nous a soutenus.» Il ne craint pas non plus d’éventuels dégâts dans la cafétéria. «Nous avons eu affaire à des étudiants responsables et pacifiques; nous ferons demain (mardi) un état des lieux.» Durant l’occupation de la cafétéria, les employés n’ont pas été mis au chômage technique, selon Novea, mais replacés sur d’autres sites de l’entreprise.

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